Artiste sculpteur contemporain en Bourgogne : créer entre matière et territoire

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Installée en Bourgogne, en Saône-et-Loire près de Cluny, je développe depuis mon atelier un travail de sculpture contemporaine profondément lié à la matière.

Le marbre de Carrare, le granite et les calcaires bourguignons accompagnent cette recherche autour de la figure, de la verticalité et de la trace. J’aime confronter la pierre brute aux surfaces polies, conserver certaines marques de taille et laisser apparaître ce que la matière porte déjà en elle.

Mon atelier se trouve en Bourgogne, en Saône-et-Loire, dans le Clunisois, un territoire auquel mon travail est profondément lié.

C’est ici que je vis et que je crée mes sculptures, à quelques kilomètres de Cluny, au milieu d’un paysage où la pierre est partout : dans les carrières, dans les villages, dans les murs des maisons et dans cette architecture romane qui marque profondément la région.

La Bourgogne, une histoire de pierre

Mon rapport à la pierre est ancien.

Enfant déjà, j’étais fascinée par les carrières et la géologie. Bien avant de devenir artiste sculpteur, j’observais les pierres, leurs couleurs, leurs veines, leurs fossiles et les histoires qu’elles semblaient contenir.

Plus tard, l’apprentissage de la taille de pierre et mon travail sur des monuments historiques m’ont permis d’en découvrir une autre dimension : celle du geste, de l’outil et du temps nécessaire pour comprendre la matière.

Aujourd’hui, cette connaissance technique nourrit mon travail d’artiste contemporain.

Je ne cherche pourtant pas à faire disparaître complètement la pierre derrière la sculpture. Au contraire, j’aime que l’on puisse encore percevoir quelque chose du bloc dont l’œuvre est issue.

Du calcaire bourguignon au marbre de Carrare

Je travaille différentes pierres, choisies pour leur caractère autant que pour leurs qualités plastiques.

Les calcaires bourguignons occupent naturellement une place particulière dans mon travail. Leur proximité avec mon territoire, leurs nuances, leur grain et parfois la présence de fossiles leur donnent une identité très forte.

Je travaille également le granite, dont j’aime la résistance et la puissance. C’est une matière exigeante qui impose une relation physique très différente avec le geste du sculpteur.

Le marbre de Carrare offre encore une autre expérience. Sa lumière, sa finesse et sa capacité à recevoir un poli très doux permettent de faire apparaître des surfaces presque charnelles.

J’utilise également l’albâtre et d’autres pierres lorsque leur matière correspond à la sculpture que je souhaite faire naître.

Chaque pierre possède son comportement, sa densité, sa lumière et ses propres limites. Je ne les aborde donc jamais exactement de la même manière.

Entre pierre brute et surface polie

Mon travail est notamment reconnaissable à la confrontation entre des surfaces volontairement laissées brutes et d’autres longuement travaillées et polies.

De cette opposition émergent principalement des figures féminines élancées, épurées jusqu’à ne conserver que l’essentiel du corps.

Je laisse également apparaître sur certaines sculptures des traces issues directement du processus de taille. Certaines deviennent des strates, des ruptures ou des cicatrices qui traversent la matière.

Ce qui pourrait normalement être effacé devient alors partie intégrante de l’œuvre.

Ces traces évoquent pour moi celles que l’existence laisse sur chacun de nous : les accidents, les blessures, les transformations, mais aussi cette capacité à continuer à s’élever malgré elles.

Sculpter en Bourgogne aujourd’hui

Être artiste sculpteur contemporain en Bourgogne ne signifie pas pour moi travailler dans un territoire fermé.

Mon travail naît ici, dans mon atelier de Saône-et-Loire près de Cluny, mais les pierres que je choisis, les lieux où j’expose et les rencontres autour de mes sculptures dépassent naturellement ces frontières.

Il existe cependant une continuité qui m’est chère entre ce territoire marqué depuis des siècles par le travail de la pierre et ma manière contemporaine de l’aborder.

La technique traditionnelle, la connaissance de la matière et l’utilisation d’outils contemporains ne s’opposent pas. Elles se rencontrent dans le même geste.

Et derrière les différences entre un calcaire de Bourgogne, un granite ou un marbre de Carrare demeure toujours la même recherche : faire émerger une présence de la matière sans jamais lui enlever complètement sa nature de pierre.

C’est peut-être finalement là que se situe mon lien le plus profond avec la Bourgogne : dans cette volonté de laisser la matière raconter elle aussi une partie de l’histoire.

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