La verticalité — une quête d’élévation

Il y a dans la verticalité quelque chose d’instinctif. Un élan presque vital. Depuis toujours, l’être humain se redresse. Il se dresse face au monde, face à lui-même. Il cherche la hauteur — non pour dominer, mais pour s’élever. Dans mon travail de sculpture, cette tension est centrale. La pierre, matière dense, enracinée, presque immobile, devient le point de départ d’un mouvement invisible : celui qui tend vers le haut.

Sculptures par Giacometti

✦ Entre ancrage et élévation

Chaque sculpture naît d’un équilibre. La base reste souvent brute, rugueuse, presque sauvage. Elle rappelle l’origine, la terre, le poids du réel. Puis, progressivement, la forme s’affine, se lisse, se tend. Comme si la matière elle-même cherchait à se libérer.Ce passage du brut au poli n’est pas qu’esthétique. C’est une traversée. Une transformation.

✦ La figure humaine comme présence

Mes sculptures évoquent souvent des silhouettes. Des présences plus que des corps.

Allongées, étirées, parfois à la limite de l’équilibre, elles ne cherchent pas la représentation fidèle, mais une sensation : celle d’un être en tension entre deux forces.

L’ancrage et l’élan.
Le poids et la légèreté.
Le silence et la montée.

✦ Une mémoire inscrite dans la matière

Les strates, les traces, les lignes laissées par l’outil ne sont pas effacées. Elles font partie de l’œuvre. Elles racontent le temps. Le geste. La résistance de la matière.

Elles sont comme une mémoire inscrite dans la pierre —
une mémoire du passage, du travail, de la transformation.

✦ S’élever, simplement

La verticalité n’est pas une démonstration. Elle est une intention silencieuse. S’élever, ce n’est pas fuir la matière. C’est la traverser.

Dans chaque sculpture, il y a cette tentative simple : faire émerger, depuis la masse, une forme qui respire, qui s’allège, qui tient debout.

Une forme qui, peut-être, nous ressemble.

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La matière comme langage